ALI ALI-KHODJA

Commémoration


Pour commémorer le 1er anniversaire du décès de l’Artiste-peintre Ali Ali-Khodja décédé le 07 février 2010, la Bibliothèque Nationale d’Algérie organise le lundi 07 janvier 2011 une rencontre dédiée à la vie et l’œuvre de ce talentueux artiste plasticien.


Le programme de cette rencontre se déroulera comme suit :

-10h-11h : Cérémonie de recueillement, à sa mémoire en présence de sa famille, ses amis, la famille artistique et de tout ceux qui l’ont connu, aimé et apprécié sur sa tombe au mausolée de Sidi Abderrahmane

- 15h : Allocution de bienvenue par Mr Azzedine Mihoubi Directeur Générale de la Bibliothèque Nationale d'Algérie.

15h15 : Conférence suivie d'un débat sur la vie et l’œuvre de Ali Ali-Khodja avec la participation de Abderrahmane Ali-Khodja fils du défunt, et Mustapha Orif Directeur de l'Agence Algérienne de Rayonnement Culturel.

Les conférences se dérouleront à la Bibliothèque Nationale du Hamma.

Chers amis, vous etes cordialement invités à la cérémonie de recueillement et aux conférences.

Hommage à Ali Ali KHODJA "L’alchimiste et l’oeuvre philosophale"

Le 14 Avril 2010 à 18h30 au Centre Culturel Algérien à Paris
Conférence sur la vie et l’oeuvre de Ali Ali Khodja, avec la participation de Abderrahmane Ali Khodja , fils du défunt, et de Ameziane Ferhani , journaliste et critique d’art. Elle sera suivie du vernissage d’une exposition de Ali Ali Khodja



Plus qu’un peintre, il fut un alchimiste tourmenté par la recherche d’une oeuvre philosophale. Ce qu’il laisse d’oeuvres resplendit de profondeur et de magnificience et nous indique des voies qui dépassent de loin l’art.
Ameziane FERHANI
JOURNALISTE ET CRITIQUE D'ART

Variation sur un thème d'Ali-Khodja: Une abstraction irisée pour dire la solitude.


Seul. Dans ma chambre qui domine la ville. J'ai des rêves dans le regard et de l'or entre les doigts. J'ai le goût de la solitude et l'âge des amours secrètes. Je ne suis ni femme, ni homme. Peut-être les deux. Je compte le temps qui m'isole des autres. Je capte l'extrême. Je m'invente une vie. Je rate une marche. Abstraction irisée pour dire la solitude.Quand j'entends le vent. Quand je peins le bruissement. Quand j'inscris des contours dans ma mémoire adolescente. Abstraction irisée pour dire la solitude. Désir de vivre. Désir d'aimer. Hier, il y eut les chats, les chevaux, le chant du coq et l'odeur du thé. Seul. Dans ma chambre qui domine la ville. Sous la céramique d'argent. Dans la lumière du matin. J'ai le pouvoir des mots. J'ai la liberté du ton. J'ai la mécanique du passé. Je peux glisser dans mon corps, redéfinir les limites de la beauté et jouir par la différence. Je ne suis ni l'homme, ni l'artiste.

Ilya Guessal
Docteur en histoire de la musique.

Ali-khodja ne peint pas la nature, il la recrée en la faisant frissonner .

Ali-khodja ne peint pas la nature, il la recrée en la faisant frissonner, trépider, palpiter. Les ombres en sont presque absentes ; c’est pourquoi, elle irradie sa propre chaleur, comme si le soleil devenait inutile. Les couleurs scintillent de mille feux, en un caléidoscope époustouflant. Tout est joie et bonheur, la nature est en liesse .
« Environs d’El-Biar » est une toile très optimiste. L’atmosphère y est aérienne, légère et éthérée. C’est une œuvre doublement symbolique. Le quartier d’El-Biar est situé sur les hauteurs d’Alger. Pourquoi ne pas voir dans sa position géographique l’allusion à l’élévation de l’esprit ?

Sur un autre plan, «El-Biar » signifie « les puits », réceptacle d’eau et source de vie.

Bouamama Mustapha
Docteur d’Etat ès Histoire
théorie et pratique des arts visuels

Ali-Khodja...Cheikh parmi les maîtres


Il a tenu jusqu’au bout ses couleurs
Pour qu’Alger garde sa blancheur

Il a tourné le dos aux clameurs
Debout à portée de main
De ses visiteurs

Fils de lignée généreuse
De sa grande mission,
Il n’avait point peur

Il a prouvé sans prétendre
Que bon sang ne serait tricheur

Il fut l’homme de son propre nom
Nom construit comme maison
Maison loin des paillettes
Paillettes laissées aux vils cœurs

Son cœur à lui était bout de jasmin
Symbole de pureté
Et, s’il le faut, de hauteur

Trésor défendu en silence
Avec pudeur
La sœur de la grandeur
Grandeur d’âme
Et, surtout, de labeur

A coup de sbar et de perles de couleurs
A coup de hibr et de touches de charmeur
A coup de îbar et de pigments en sueur

Si la poésie a ses nobles
Le châabi a ses chiekh
Les jardins ont leurs artistes
Les enfants ont leurs pères
Ali-Kodja fut tout cela

Le doyen,
l’oncle…. fut tout cela à la fois
Dans l’art et en dehors
Car il était conscient de sa mission
Et il l’a prise a bras le corps
Il peut donc tourner les talons
Rassuré
Rassurant
Et souriant.

K.Rabia
Paris, 8 fev 2010

Fusion


l'œuvre d'art prend toute sa dimension en dessinant un moment de l'éternel, esprit qui puise sa force dans la permanence des suggestions qui en découlent et qui confirme que la culture artistique n'essaye pas de tirer des affirmations exemplaires, mieux, elle transforme les réponses en irrésistibles questions. De ce fait, la puissante force évocatrice de l'art nous conduit à des signes avant- coureurs de la pensée productrice de renouveaux.
ali Ali-khodja

L'insaisissable


La part de l'art se situe au niveau de l'imaginaire laissant entrevoir le monde du sensible non contrôlable ni mesurable qui nous dérange, nous agite et nous dévoile pas la réalité présente, mais la réalité profonde et intense. Sans cette projection dans l'âme des choses et dans les temps futur et passé nous nous trouvons rivés à la monotonie de la répétition qui nous maintient en dehors du renouveau.
L'artiste, comme tous chercheurs où découvreurs,est utile à nous montrer non pas la matérialité des choses justifiées par l'indispensable, mais, tend à nous mener vers les étendus de l' incommensurable de l'inconnu mystère qui nous faits envisager à travers les larges baies de nos espérances, les perspectives de nos aspirations.
ali Ali-khodja

art et science


Des que l'on parle de science et technique, l'homme commun voit dans ces matières un ensemble de pratiques est théorique transmises par des initiés a leurs disciples. Vue sur cet angle, la connaissance se retrouve réduite à la simple mémorisation. Basée sous cette seule faculté, la science se maintient à la limite du savoir-faire et de l'application. L'homme, au regard des résultat scientifiques, découvre un attrait particulier dans ses applications utilitaires. L'objectivité logique repose donc, sur des principes et conséquences débouchant sur un assemblage et de relations. Il suffit de connaître l'Ordre des choses.

Limité à la pratique de la connaissance explicite, cet homme s'entoure d'affirmations dans l'application de ses fonctions mises en évidence par les règles préétablies et qui donnent au savoir des dispositions à satisfaire les besoins immédiates, au désavantage de tout mouvement et de toute projection. A ce niveau la science attachée à des principe avérées justes, prend un rôle prépondérant à la confirmation de situer causes , les faits suivant des démonstrations considérée véridique, de ses définitions logiques et expérimentales elle exerce en plus une fascination des solutions de ses solutions apportées à la tragédie humaine.

De cette image la science nous donne un aperçu fini avec L'élémentaire application qui la décharge de son coté expérimental. A ce stade la science ne fait que remplir des travaux de routines,comme l'art il y a peu de temps relevait de l'artisan. Mais dès que de science surpasse la confortables application il pressentira la force de ses intentions de trans Nous découvrons ici une similitude d'action avec l'art et la science qui se définissent comme facteurs de progrès et d'avancement.
Alors que leurs cheminements diffères. La science suit une démarche prévisionnelle réfléchie, tandis que l'art passe par une ligne de conduite visionnaire et intuitive. Ils demeurent cependant, une entité commune qui les unis dans une aventure de l'esprit parfois déductif et introspectif. De leur union L'homme trouve dans leur complémentarité les éléments globaux du visible démontré et de l'invisible imaginé une stimulation qui témoigne que notre monde est toujours vivant de nos assurances et que demain le soleil brillera dans le firmament de nos espérances , au rendez-vous du bonheur.
Ali ALI-KHODJA

l'arabesque


Dans son élan, l’arabesque se lance vers les méandres des profondeurs de l’âme. Et chaque fois elle se déploie et s’épanouie dans un espace de rêve où le rythme incessant du geste vient la projeter d’un souffle léger dans les entrelacs d’une géométrie cosmique.

Elle s’adonne dans son envole au jeu du hasard en se pliant à la rigueur de la conscience, puis elle se perpétue dans une constante vision de l’imaginaire extravagant, laissant l’homme obsédé par l’imprévu avenir.
Elle relève, ainsi, de l’important attachement à la forme sinueuse. Née d’un mouvement giratoire, dans sa permanence répétitive, elle défit le temps. L’artiste arabe, en quête d’absolu, retrouve dans cette mouvance l’énergie régénératrice d’une destiné immuable.

Sublimée par l’idée de pérenniser d’un geste auguste l’authenticité d’un héritage, l’arabesque devient l’élément essentiel d’un répertoire ornemental d’une architecture de l’esprit, non dominée par l’individualité, mais tenue par es préoccupations de l’unité d’un mouvement dans son ensemble structural De sa répartition envahissante, elle présente simplement une présence effective d’un passé inaccompli, loin de tout reflet d’un état d’âme ou d’une impulsion sensorielle. Dans cette litanie l’artiste de l’orient témoigne d’une introspection en pensant atteindre et retrouver la vérité éternelle

Qu’importe l’étincelle de nos espérances, replié dans son manteau, il défit le temps sous le joug de sa conviction enracinée dans les profondeurs de l’oubli.

ali Ali-khodja

Abstrait ou hasard maitrisé



L’artiste n’est que le magicien de son travail par lequel il accède à cette zone indéfinissable où l’esprit n’est plus qu’abstraction, où le geste conjugue l’alliance subtile du désir auquel s’oppose celui de la matière picturale qui refuse de se laisser guider.

C’est une partition à deux mains où le peintre, plus qu’il n’affronte, se laisse dériver dans le sens du courant pour mieux diriger son désir.

C’est un jeu subtil entre ce que rêve sa main et ce que la matière lui impose, ce que le hasard provoqué lui suggère, ce que la rigueur gestuelle lui permet de faire surgir.

Une cosmogonie de rêve



Du travail d'Ali-Khodja , se dégage une impression de profusion, mais une profusion faite de sérénité et de douceur. Des compositions feutrées , toutes en volutes et rondeurs, bannissant le tranchant, l'aigu et tout ce qui suggère les blessures. Les travaux font penser à une série de "palettes" où le peintre juxtapose ou combine avec prodigalité, désinvolture et jouissance. Le pinceau vagabonde entre les couleurs,s'attardant sur telle ou telle d'entre elles pour rehausser une touche, imposer une nuance précise.
Le peintre dérive dans le temps retrouvant les paysages lumineux ou effrayants de l'enfance , retrouvant ce ravissement et cet effroi qui succitent en nous les premières images " et dernière ?" images du monde. Il retrouve aussi cette liberté toute d'impertinence qui autorise la main à éclabousser et gribouiller, juxtaposer les extrêmes, à marier les antagonismes.
Sur les toiles d'Ali-Khodja , le blanc crayeux des falaises "le temps qui passe", le vert des frondaisons , les fleurs les "Fleurs de roche", l'horizon en flamme du couchant " hors saison " fusionnent pour construire une cosmogonie du rêve. Rêve-t-on en couleurs?, s'est souvent interrogé l'homme. Les cieux d'Ali-Khodja, ses surfaces multicolores, son " Soleil bleu " qui dégouline sur les murs , ses "paysages oniriques " où les rouges s'assombrissent jusqu'à devenir inquiétants, ses " Villes immergées " dans les glauques, les azurs et les safrans sont justement le genre paysage où aime musarder et s'ébattre en rêve.
Dans les éléments et les couleurs en fusion, dans ce magma des origines et de la fin de l'enfance et la vieillesse mélangent leurs fantaisies, leurs jubilations et leurs terreurs. Les " Méandres du silence " circulent , taraudent l'à-plat de la toile, y traçant de subtiles nervures. Des soleils s'esquissent, des yeux, des nombrils multiples orifices et fronces où la vie s'agite et frémit. La " Mémoire du regard " vagabonde, bat le rappel de confuses sensations sombrées dans le gouffre du temps. Le regard de l'homme qui naît et celui qui meurt se rejoignent alors dans la même soif, le même émerveillement la même célébration, la étreinte éperdue de toues ces merveilles du monde qu'on craint de voir fuir.
Si l'on considère l'itinéraire d'Ali-Khodja , on s'aperçoit que le peintre n'aime pas beaucoup les confrontations avec le public : huit expositions personnelles et une quinzaines de participations à des expositions collectives. Nous avons affaire à un artiste exigeant et discret qui n'excelle guère à brasser du vent ou emboucher des trompettes, qui tient avant tout à son plaisir et à sa liberté, à une indépendance qui lui fera rejeter toutes les appartenances doctrinales . Ce désir de liberté et d'autonomie s'est manifesté très tôt, lorsqu'Ali-Khodja décide d'abandonner la miniature où pourtant il se distingue de peur d'être intronisé comme le continuateur de ses illustres oncles Omar et Mohamed Racim, comme le gardien d'un patrimoine familial, de peur de bénéficier d'une légitimité qui lui viendrait par héritage.
Mais Ali-Khodja garde de son passage par la miniature, l'amour des détails, une composition toute subtilité et d'équilibre.
Aujourd'hui, après plus d'un demi- siècle de pratique artistique "sa première exposition date de 1941", Ali-Khodja peut enfin affronter la couleur dans un bras-le-corps jubilant: il ouvre sa toile toute grande et les couleurs affluent, submergeant les contours et les formes, s'agitant pour créer la vie, pour ressusciter les premiers germes d'une sorte de magma originel

Tahar Djaout

Sublimation


L’art se suffit à lui même, le sujet n’est que l’accessoire apparent. L’essentiel se situe au niveau du substrat, entre l’instinct et la raison, entre le présent et l’évanescent.
ali ALI-KHODJA

Songe vénitien


« Venise est asiatique et arabe, elle est aussi byzantine, gothique, lombarde, mais c’est le caractère oriental qui domine, et celui sans lequel elle reste incompréhensible. Ses vaisseaux ont rapporté chez elle les styles et les formes de tous les climats: la coupole de Byzance, le minaret du Bosphore, l’ogive de mahomet. Rien ne lui ressemble sur le continent…Le Jupiter du Péloponnèse, l’islamisme, le christianisme, se pressent à la fois en ce lieu de refuge »

Edgar Quinet
Allemagne et Italie, 1839

Joyaux enfouis


Nous qui quêtons partout l'aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons nous donner de vastes et d'étranges domaines
Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille fantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité

Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l'illimité et de l'avenir

Guillaume Appolinaire

sous bois



Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt ! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

Victor Hugo Juin 1843.

Le désir de peindre


Malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu !

Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde : et tout ce qu'elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair : c'est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence ; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent ; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l'amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l'inconnu et l'impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d'une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose - XXXVI

Aquarelliste


Yvonne sérieuse au visage pâlot
A pris du papier blanc et des couleurs à l'eau
Puis rempli ses godets d'eau claire à la cuisine.
Yvonnette aujourd'hui veut peindre. Elle imagine
De quoi serait capable un peintre de sept ans.
Ferait-elle un portrait ? Il faudrait trop de temps
Et puis la ressemblance est un point difficile
À saisir, il vaut mieux peindre de l'immobile
Et parmi l'immobile inclus dans sa raison
Yvonnette a fait choix d'une belle maison
Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.
Derrière la maison s'étend un paysage
Paisible comme un front pensif d'enfant heureux,
Un paysage vert avec des monts ocreux.
Or plus haut que le toit d'un rouge de blessure
Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s'azure.
Quand j'étais tout petit aux cheveux longs rêvant,
Quand je stellais le ciel de mes ballons d'enfant,
Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,
Des paysages verts avec la maisonnette,
Mais au lieu d'un ciel triste et jamais azuré
J'ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Jardin mystique


Ali-Khodja s'applique à saisir l'atmosphère que les choses depuis le grain de sable à l'étoile lointaine dégagent ,a capter leurs tonalités, leurs musique changeantes, et leurs rapports.

L'œuvre d'Ali-Khodja est mystique au sens fort du terme et sacré dans le sens ou ses fondement , modestie et humilité devant la complexité et la beauté du monde sert de point de départ à l'artiste pour faire surgir les choses du chaos.

Ali El-Hadj Tahar

Poésie byzantine


Ali Ali-Khodja se situe culturellement au confluent de la sublime porte, de la France, du Maghreb.
Entre poésie byzantine et abstraction lyrique, son œuvre affiche une identité méditerranéenne inédite , faite de lumière et de secret, d’humilité plastique et d'arrogance esthétique , de référence et d'irrévérence , de culture et d'innocence .

Mêlant feuille d'or et de glacis , techniques anciennes et couleurs de haute technologie, un tableau d'Ali-Khodja est un défi contenant tous les rêves toutes les contradictions, toutes les histoires et tous les espoirs d'un créateur érigeant la méditerranée en message d'universalité , dépassant les contingences dialectiques obligées, un homme désireux de vivre et de créer chez lui en Algérie.

Une conversation avec Ali-Khodja c'est une plongée panoramique sur des temps à la fois révolu et ré annoncée de l'âge d'or partagé entre tous les hommes.

Salvatore Lombardo

A l’ombre du souvenir


Veille ville légendaire, lieu authentique, ou Le temps semble s’être arrêté,

Franchir les portes du temps, en cheminant dans les ruelles pittoresques des vieilles villes, aux entrailles tortueuses et mystérieuses , Casbah , Médina ……

Et pour les amoureux de l’Orient éternel, patios secrets , fontaines et surprenants jardins andalous alternent dans un extrême raffinement .

Dans la postérité de la méditerranée



Italie, Grèce, Provence… La Méditerranée des rivages, celle des plaines ondulées,des cyprès assaillis de glycine, des ciels aveuglés, lui était familière.
Mais il y avait toujours ce retour vers la terre première, la ville magique avec son long collier de boulevards sur la mer et ses hauteurs lumineuses et parfumées.
Alger l’orgueilleuse sous son voile blanc qui s’ouvre dans le ciel .
Ce pays à la fois pudique et exalté, secret et démesuré était à lui seul la quintessence de cette Méditerranée éternelle.
albert Camus

Le Dogme


Monolithe de poussière sidérale

Enraciné dans la nuit des temps

Monde sillonné par des rivières figées

Fenêtres verrouillées

Fierté des morts vivant

ali Ali-khodja

Mon ami l'âne


Ton humble condition a fait de toi la monture des simples et des grands sages.
Contrairement au cheval tu n'as assisté à aucun massacre, ni à aucune conquête.
Tu n' as pas offert ton poitrail à la mitraille de la folie des hommes.
Ton entêtement c'est ta liberté .

ali Ali-khodja

Le dessin


Le dessin, c'est un moment de grâce où l'esprit, le geste et le souffle viennent marquer le temps des signes qui témoignent de cet instant de faveur lorsque le regard rattrape l'essentiel d'un monde vivant de ses mouvances.

C'est aussi la miraculeuse ligne qui nous offre sa magie pour exprimer les plus grandes audaces et les extrêmes extravagances.

Il est le trait qui relie les volutes des herbes folles à la lointaine nébuleuse.
C'est le trait de lumière qui traverse les époques.

Le piège qui retient la douce clarté qui cerne les corps libres.

La main qui rencontre les palpitations d'une âme chaleureuse.

ali Ali-khodja

Entre la réalité et la fiction


Entre la réalité et la fiction, un rai de lumière strident, vers des horizons jamais atteints, limité dans un espace né d'un rêve inachevé où l'étonnement accélère les particules des gemmes, en un tourbillon de gestes lents. La fixité d'un regard happe le passage de l'ange éphémère, au retour
d'une cérémonie manichéenne, perdu dans le dédale de la conscience, soulevant des soupirs mélodieux du ravissement et du désenchantement. Au delà des forces rivales s'oppose la matière: le héraut du silence frissonnant. Point de cris, point de mots, par contre dans un mouvement sublime
elle retrouve l'éloquence d'un tribun. L'eau, le feu, l'air prennent le relais de l'homme égaré dans ses pensées, affectées d'un détachement suffisant; balbutiement de la mémoire, feu
follet marquant la courte errance de la certitude, exhibée d'un miroir extravagant Quand la mémoire tend l'image effacée d'un songe vers le future,
elle rive le passé au radeau de la dernière chance soulevé par le frémissement du signe de la passion. Tandis que infiniment réduit se perpétue en un discret récit, les forces vives de l'incandescente imagination viennent suffoquer le murmure de la litanie parachevée d'un soubresaut pusillanime du rituel indifférent aux rythmes incessant du frôlement imperceptible annonciateur des origines enfouies sous l'amoncellement des séculaires de l'obstination dans le refus de l'ivresse de l'indéfinissable.

Loin du mutisme, l'ombre du souvenir étale son voile languissant, au-dessus du sentiment perspicace, et projette la forme accessible en un amalgame de signes inopérants des prétendues vérités, marquées du sceau de la quiétude assujettissant la conscience au roc de l'insensibilité. Et arrive, le chant du coq, le bruit d' un galop, la discrétion du chat, le
bruissement des feuilles, et le frôlement d' un vol, pour remplacer la morne complainte des temps révolus. Nourri des simples exigences intérieures, l'homme découvre la symbiose des éléments fondamentaux, unis dans une rotation élévatrice, qui le projette au-delà du regard, vers d'autres éblouissements.
ali Ali-khodja

De l’art en général



Dans ses diverses manifestations, l’art tient particulièrement compte de sa propre réalité qui nous dévoile non pas la matérialité des événements, mais l’indicible et indéfinissable message des profondeurs de l’âme de chaque etre et de chaque chose. En plus, il suscite en nous, le désir d’atteindre les plus hautes satisfactions issues de l’inattendu enchantement que nous éprouvons lorsque que nous témoignons de nos capacités d’y aller au-delà des banalités communes.
Ainsi, l’art retrouve toute sa valeur, surtout quand il se définit au niveau de ses multiples aspects par le refus de se maintenir à l’anecdotique image du monde physique. En revanche, l’art tend à nous montrer son contenu sensible et émotionnel afin de nous présenter les impressions profondes qui émanent des désirs les plus forts, à marquer le temps du sceau d’une identité particulière




De cette attention portée à l’art, nous nous trouvons projeté dans un étonnement qui nous attache à l’idée que notre univers est changeant, chaque fois que nous en considération que l’œuvre d’art n’est pas uniquement la simple représentation du monde visible et connu. Alla se fixe, surtout, à montrer l’intense sensibilité du génie humain de vouloir attester de l’infinité des choses qui nous entourent. Sans cette disponibilité de l’esprit, nous nous trouvons livrés à la monotonie de la répétition stérilisante, qui nous maintient figés dans les limites du quotidien primaire. De ce fait, l’art, en général, ne peut etre abordé sans s’opposer aux directives conventionnelles et aux orientations doctrinales qui maintiennent l’artiste dans une situation de dépendance et de reclus, appliquant simplement les orientations d’un pouvoir paralysé par sa crainte de renouveau. Cependant, le grand art trouve toute sa dimension et sa force d’expression dans la diversité messages, en usant des éléments de sa composante qui sont : rythme, harmonie, lumière, espace, couleurs etc, pour exprimer les purs sentiments révélateurs de sa position transcendantale. Dépourvu de son sens humaniste, l’art se confine à présenter de
modestes images de faits ordinaires ou, de pales copies d’un passé révolu et méconnu dans forme initiale. De même, l’art perd sa voie sublime de l’imprévu miracle de la création, faisant naître des horizons jamais égalés. Il arrive, quelquefois, que l’attachement au passé révèle le refus du présent, en raison de sa prétendue dépendance à un univers jugé extérieur à la tradition séculaire. Il se peut, aussi, que ce refus provienne de l’incapacité d’embrasser le temps présent, riche de ses complexités et de ses interrogations, L’art, pourvu de nouveaux apports, découvre, dans son cheminement, l’étendue de son espace, outrepassant, l’étroite frontière de l'incompréhension.


C’est en tenant compte de l’immortalité de la pensée que l’art véritable dévoile sa permanente obsession d’atteindre l’absolu figuré. De cet entendement, les œuvres du passe, figées dans la matière impassible, s’animent des mille feux de la passion qui les projettent, en dehors de toute chronologie dans l’intemporel espace de la sensibilité et de l’intelligence. Il apparaît, alors, de cette large vision, un vaste langage qui efface les barrières cloisonnant l’œuvre d’art à la limite de l’objet et de l’époque. L’art dégagé des signes conformistes, prend toute sa liberté, en dessinant un moment de l’éternel esprit qui puise sa force dans la constance de ses suggestions, qui en découlent et qui confirme que l’art n’essaie pas de tirer des affirmations exemplaires, mieux , ils les transforme en irrésistibles questions. Par ce trait, l’art dévoile les multiples facettes des originalités bien particulières de l’identité individuelle de l’etre, ce qui permet à l’artiste d’agir en toute liberté, au lieu de présenter des alibis ou des arguments prônant des slogans bassement apologétiques d’un chauvinisme étriqué ou d’un dogmatisme sclérosé, réduisant le cercle de l’imaginaire à des formules affectées. L’art se suffit à lui même, le sujet n’est que l’accessoire apparent. L’essentiel se situe au niveau du substrat, entre l’instinct et la raison, entre le présent et l’évanescent.
Ali ALI-KHODJA

Mes chevaux


Mes chevaux ne sont ni les piliers de la gloire,
Ni la servitude envers les puissants,
Ni les suppôts du pouvoir conquérant.
Ils sont Innocence, errance dans la solitude des espaces sans fins.

Beauté impétueuse affranchie des harnais flatteurs.

Ali ALI-KHODJA

lettre a un ami


J'allais dire que vous avez trouvé votre voie après tant de recherche, mais ce serait mal juger votre effort constant vers ce que l'on voudrait vrai et qui toujours s'enfuit, que l'on croit avoir enfin saisi alors qu'il glisse entre les doigts.

Tel est le lot de ceux qui ne sauraient se contenter de ce qu'on appelle un style.

Vous n'avez pas voulu vous laisser enfermer dans un carcan et vous avez raison.

Ainsi raisonnaient les Van Gogh, les Matisse, les monet et les autres révolutionnaires en leur temps incompris, ils persévéraient vers cette recherche de la vérité qu'un Picasso n'a pas plus atteint que les autres.

C'est cela la peinture, c'est cela la musique et c'est cela la poésie.

La touche donnée

Le mot écrit, la note figée, et c'est le rève envolé…et c'est un nouvel effort et c'est aussi et surtout ce qu'il y a de sublime en l'homme

Lucien Golvin.

Une abstraction irisée pour dire la solitude


Doyen des artistes peintres algériens contemporains, il nous propose des formes et des couleurs fidèles à son esprit de toujours. Son travail donne un aperçu global du style de l'artiste, à travers des gouaches et des aquarelles qui, parfois, s'inspirent de paysages naturels et verdoyants et d'autres d'expressions outrancièrement abstraites. Des formes, des couleurs auxquelles on peut donner mille et une significations. De quoi intriguer l'esprit du public, qui se plairait à interpréter chaque forme selon son ordre d'idées, et même si ces nuances sont difficiles à saisir, l'artiste a précisé que «malgré le caractère abstrait de mes tableaux, la nature est toujours présente» et d'ajouter : «Dans la nature, l'abstraction existe, il faut savoir seulement la regarder», en insistant sur le fait que ce qui importe le plus n'est pas tant le thème exploité mais plutôt l'harmonie des couleurs, des formes ainsi que la lumière.
«L'abstraction, un style né de l'impressionnisme, permet à l'homme d'exprimer ses sensations, ses sentiments et tout ce qui est profond en lui», a-t- il souligné, cité par la même source. Son abstraction se découvre d'un tableau à un autre à travers une palette très colorée mais respectant des tons pastel sur des paysages rappelant Alger, ses villas verdoyantes et ses jardins odoriférants. Outre ces tableaux portant des titres évocateurs, tel Aurore ou Sublimation, Ali Khodja Ali a exposé deux dessins à la plume et un dessin au crayon, qui reflètent son amour du trait épuré et précis.
Fella Bouredji
16 Février 2009

l’artiste et l’œuvre


Ali-Khodja est un artiste cérébral dont l’œuvre considérable est d’une portée esthétique sans conteste et d’une richesse picturale évidente. Elle nécessite une lecture plurielle aussi bien de la forme que du fond.

Egal à lui-même dans la démarche philosophique du peintre, le style est toujours en mouvement et en métamorphoses. Il présente régulièrement, sans tarir, des caractéristiques innovantes. Tôt, la signature s’affirme et devient stable, tel un sceau olympien, garant d’une authenticité et d’une fidélité sans faille à choix esthétique très personnel. Le années se succèdent et les innombrables facettes de cet art se révèlent à notre regard et à notre entendement, invariablement surpris par une créativité aussi féconde. A chaque étape sa beauté, son originalité et ses promesses. Ces différentes manifestations d’un phénomène singulier témoignent d’une recherche perpétuelle des moyens d’expression picturale.

La signature est immédiatement lisible, tant elle fait corps avec la forme de l’œuvre de Ali -Khodja. Il en va autrement du fond, souvent métaphysique, parfois difficile à cerner. Tel un ouvrage ancien, couvert de palimpsestes, les toiles du peintre se lisent, strate après strate, nous livrant à chaque consultation des informations d’un intérêt incontestable. Les titres sont souvent énigmatiques, leur rapport au thème de l’œuvre n’étant pas toujours évident. Pourtant, ce sont des indices que l’auteur nous livre, avec parcimonie certes, mais c’est autant de pistes destinées à nous aider à mieux comprendre son projet créateur. Il procède de la sorte, non pour nous dérouter ou par goût de la charade. Le sens crypté ou parfois faussement anodin du titre exprime déjà une partie du fond ; il résume également la forme et sa raison d’être.

Esprit synthétique, Ali-Khodja va directement au vif du sujet, sans s’embarrasser des choses superflues. Chez lui, point de redondance verbale ou picturale. Deux aspects essentiels caractérisent cette œuvre ambivalente : l’un évident, correspondant à la nature matérielle de l’œuvre, l’autre sous-jacent, secret même, mais clair pour qui sait voir, relatif au caractère spirituel de cette dernière. Celle-ci nous entretient par allégories et métaphores. Parfois, le message est quasiment subliminal, discret et subtil. Le premier volet est immanent à l’œuvre, le second lui est transcendant.

Dans l’un de ses écrits, Ali-Khodja apostrophe « les personnes qui ne veulent rien voir ni entendre par eux-mêmes les messages des œuvres d’art, à ceux qui veulent qu’on leur explique et qu’on leur raconte des anecdotes simples, sous une forme superficielle »
Bouamama Mustapha
Docteur d’Etat ès Histoire, théorie
et pratique des arts visuels